Rachat de crédits : combien pouvez-vous vraiment économiser ?
Comprendre les mécanismes d'économie
Le rachat de crédits (ou regroupement de prêts, consiste à fusionner plusieurs prêts en un seul. Ainsi, vous pouvez alléger vos mensualités, simplifier votre gestion financière et potentiellement réduire le coût global de votre endettement. L’un des principaux leviers d’économies réside dans la baisse du taux d’intérêt global. En effet, en substituant des crédits plus coûteux par un nouveau prêt à taux moyen plus bas, vous pouvez diminuer vos remboursements. De plus, vous pouvez étaler votre dette sur une durée plus longue pour plus de confort.
Pour poser des hypothèses réalistes, il est utile de se baser sur les taux actuels en France. D’après la Banque de France, le taux effectif moyen des nouveaux prêts à la consommation (hors crédits renouvelables) était de 6,22% en juin 2025. Pour les prêts immobiliers, le même organisme indique un taux d’environ 3,01% pour les nouveaux crédits à l’habitat à taux fixe.
Cependant, réduire son taux ne suffit pas toujours. Il faut également tenir compte des frais annexes, tels que les frais de dossier, la garantie et l’assurance. En outre, l’assurance emprunteur peut représenter une part importante du coût du crédit selon votre profil.
(Sources : Banque de France)
Sources de coûts et freins à l'économie
Même si le nouveau crédit propose un taux plus avantageux, certains coûts peuvent limiter les économies réalisées.
- Indemnité de remboursement anticipé (IRA) : Si vous remboursez vos crédits existants pour les racheter, des pénalités peuvent s’appliquer. Pour les crédits à la consommation, le Service Public indique que l’IRA est plafonné à 0,5% du capital restant dû si le remboursement intervient moins d’un an avant la fin. Elle peut atteindre 1% si le remboursement survient plus d’un an avant la fin du prêt.
- Taux d’usure : Il s’agit du taux maximum légal que l’emprunteur peut appliquer. La Banque de France le fixe et le publie chaque trimestre. Pour les crédits à la consommation, selon l’Institut National de la Consommation, certains taux d’usure peuvent être élevés, mais ils varient en fonction du montant emprunté.
- Assurance emprunteur : Elle peut augmenter ou être renégociée dans le cadre du rachat. En effet, selon votre profil (âge, santé, durée, montant), elle peut peser sur le TAEG effectif du nouveau crédit.
(Sources : Service Public, Institut National de la consommation)
Pour illustrer combien vous pouvez économiser, prenons quelques exemples :
1. Cas d’un crédit à la consommation seul
Vous avez un crédit conso de 20 000€ à un taux élevé (par exemple 7%). En le rachetant à un taux moyen autour de 6,22%, vous pouvez faire baisser vos mensualités, voire étaler la dette sur une durée plus longue. Cela réduit les intérêts à payer, mais il faut vérifier que le coût des indemnités et des frais ne dépasse pas le gain
2. Regroupement de plusieurs crédits (conso + auto + prêt perso)
Si vous avez plusieurs dettes, vous pouvez les regrouper dans un seul prêt. Même si la durée est allongée, le taux global peut être réduit, et vous n’aurez plus qu’une seule mensualité à gérer. L’objectif est de diminuer le coût total des intérêts et de mieux maîtriser votre budget.
3. Rachat + projet
Vous envisagez des travaux, un achat ou des dépenses importantes. Le rachat peut inclure une « trésorerie » : cela permet de financer votre projet tout en consolidant vos dettes, ce qui peut être plus avantageux que contracter un prêt travaux séparé
Le rachat de crédits peut être très bénéfique, mais il comporte des risques :
- Durée trop longue : si vous choisissez de rembourser sur une durée très étendue pour réduire vos mensualités, vous pourriez payer beaucoup plus d’intérêt à long terme, annulant une partie des gains
- Frais de rachat élevés : dossier, IRA, assurance – tous ces éléments peuvent peser et limiter l’intérêt de l’opération, surtout si vos crédits à regrouper sont de faible montant
- Taux d’usure : attention à ce que votre nouveau prêt reste sous les plafonds légaux. Le taux d’usure est fixé par la Banque de France, protège les emprunteurs mais peut limiter les marges de manœuvre des prêteurs
- Comportement post rachat : certains emprunteurs remboursent moins chaque moi (mensualité plus faible) et retomber dans l’endettement en contractant de nouveaux prêts. Cela peut diminuer significativement les économies « réalisées »
(Sources : Ministère de l’Economie, Institut National de la Consommation)
Pour optimiser réellement votre rachat de crédits, voici quelques conseils :
- Comparez plusieurs offres : demandez des simulations auprès de plusieurs banques, courtiers ou organismes de financement. Ne vous arrêtez pas au taux nominal : regardez le TAEG, les frais, l’assurance et les indemnités
- Incluez tous les coûts dans votre simulation : frais de dossier, garantie, assurance, IRA. Insistez pour obtenir une « offre globale » qui montre votre gain net potentielle
- Négociez l’assurance emprunteur : la loi Lemoine permet de résilier ou de renégocier plus facilement votre assurance. Une assurance moins chère peut faire baisser fortement votre coût total
- Utilisez le rachat pour financer des projets : si vous avez des travaux ou des dépenses à venir, incorporez les dans le rachat pour éviter de contracter un nouveau prêt avec un taux potentiellement moins favorable